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Les années Wenger : retour sur les premiers exploits européens de l'AS Monaco

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Si l’histoire récente de l’AS Monaco est une alternance d’exploits titanesques et de luttes désespérées, il n’en a pas toujours été ainsi. Au tout début des années 90, un homme est venu apporter de la constance au club du Rocher : Arsène Wenger.

Le Lorrain a consolidé le statut de l’ASM en France, mais l'a surtout fait éclore sur la scène européenne. À l’heure où l'on peut émettre des doutes sur la direction stratégique du club, replongeons-nous dans les années Wenger, une période riche en enseignements.

Malgré le retour de Leonardo Jardim en remplacement de Thierry Henry, Monaco n’a pas encore assuré son maintien dans l’élite. Pourtant, avec un effectif de grande qualité, la mission est loin d’être impossible. Alors, pourquoi ne pas parier sur une série de victoires du club ? Si vous avez peur de vous tromper, sachez qu’Unibet rembourse votre 1er pari jusqu’à 100 € avec son code promo. En plus, vous aurez le droit à 20 € de cashback sur le turf et jusqu’à 500 € de bonus sur le poker (en savoir plus).

L’ère pré-Wenger : Monaco et le plafond de verre européen

Après une période à osciller entre la D1 et la D2 dans les années 60, Monaco se stabilise dans l’élite au cours des années 70. Au début de la décennie suivante, Gérard Banide apporte au club un nouveau titre de champion de France. Monaco fournit à cette époque un contingent important à l’équipe de France : Daniel Bravo, Manuel Amoros, Bruno Bellone.

En 1983, Lucien Muller remplace Banide. Plus encore que son prédécesseur, il incarnera le paradoxe monégasque de ces années : belles performances sur la scène nationale, mais de piteux résultats en Coupe d’Europe. Le bilan de l'ancien entraîneur du Barca est éloquent : défaite au premier tour face au CSKA Sofia en 85 et élimination au 1er tour de la Coupe des Coupes l’année suivante face à Craiovia.

Lucien Muller quitte son poste à la fin de la saison 85-86 et laisse sa place au Roumain Stefan Kovacs, pour ce qui sera sa dernière expérience d’entraîneur. L’ASM ne dispute aucune compétition d’Europe cette année-là. Le club manquera la qualification pour la Coupe de l’UEFA en terminant 5edu Championnat de France.

87-91 : Montée en puissance de Monaco sur la scène européenne

Arsène Wenger arrive alors en remplacement de Stefan Kovacs pour la saison 87-88. Auparavant, il officiait sur le banc de l’AS Nancy Lorraine. Wenger remporte le titre de champion de France dès sa première année au club. L'équipe est notamment composée de Jean-Luc Ettori, Patrick Battiston, Claude Puel, Glen Hoodle ou Omar Da Fonseca.

L’année suivante, le club termine 3e du championnat et écrit le début de son histoire européenne. En Coupe des Clubs Champions, les hommes d’Arsène Wenger éliminent successivement Reykjavik et le FC Bruges, avant de tomber face à Galatasaray. Parmi les joueurs qui se révéleront cette année-là, il y a Emmanuel Petit, que Wenger fera venir à Arsenal par la suite, et George Weah.

Les deux années suivantes, Monaco réalise ses premiers exploits sur la scène continentale. En 91, le club accède à la demi-finale de la Coupe des Coupes à la faveur d’un parcours « à la Wenger » : 6 nuls en 8 matchs. L’année qui suit, les Monégasques perdront face au Torpedo Moscou en 8e de finale.

91-92 : l’année phare d’Arsène Wenger à l’AS Monaco

La saison 91-92 marque l’apogée des années Wenger. Sans faire de mauvais esprit, elle portera à tout jamais la marque de fabrique du Lorrain : un départ en fanfare et un écroulement dans le sprint final.

Cette saison-là, le club a un effectif qui lui permet de jouer sur tous les tableaux : Jean-Luc Ettori, Lilian Thuram, Luc Sonor, Patrick Blondeau, Emmanuel Petit, Gilles Grimandi, Claude Puel, Youri Djorkaeff, Gérald Passi, George Weah, James Debah.

Tout sourit à l’équipe jusqu’au mois de mai. A la toute fin du printemps, le club s’incline face à l’OM et se retrouve privé du titre de champion de France. En coupe de France, alors que l’ASM venait de de se qualifier pour la finale, l'effondrement d'une tribune au stade Armand-Cesari lors la demi-finale Bastia/Marseille va mettre fin à la compétition. Aucun titre ne sera décerné cette année-là.

Le lendemain de la catastrophe de Furiani, Monaco s’incline en finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe face au Werder Brême (0-2). Ce match marque la fin du déclin pour le lorrain. Il faudra ensuite attendre le début des années 2000 pour que Monaco, sous la houlette de Didier Deschamps, retrouve les sommets.

92-95 : déclin de l’AS Monaco et éviction d’Arsène Wenger

Après la défaite face à Brême, George Weah quitte le navire. Jurgen Klinsmann, vainqueur de la Coupe du Monde 1990 avec la Mannschaft, prend sa place sur le front de l'attaque. Le club termine à la 3e place du championnat de France, mais gagne tout de même sa place pour la Ligue des Champions, à la faveur de la disqualification de l’OM et de refus du PSG d’obtenir le titre de champion de France.

L’année qui suit sera très contrastée. L’ASM se classe seulement 9ede la D1. En Ligue des Champions, le club ira jusqu’en demi-finales, où il se fera sèchement éliminer par le Milan AC de Paolo Maldini, futur vainqueur de la compétition (0-3). À la fin de l’année, Jean-Luc Ettori tire sa révérence.

L’exercice 94-95 marquera la fin de l’aventure monégasque pour Arsène Wenger. Piveteau replace alors Ettori. Sonny Anderson prend la place de Jürgen Klinsmann qui vient de signer à Tottenham. Le reste de l’effectif est un mélange d’expérience et de jeunes pousses qui exploseront quelques années plus tard comme Philippe Christanval ou Sylvain Legwinski. L’ASM fait un début de saison catastrophique. Wenger est remercié par Jean-Louis Campora à la suite d’un match perdu contre Nice, pour ce qui sera la première apparition de Thierry Henry dans l’élite.

Arsène Wenger à Monaco : quels enseignements peut-on en tirer ?

Sur le Rocher est né le « paradoxe Wenger », dont beaucoup se moqueront lorsqu’il sera sur le banc d’Arsenal : une régularité exemplaire au plus haut niveau, mais une absence de titre majeur. En 7 saisons aux commandes de l’ASM, il n’aura gagné qu’une Coupe de France et un titre de champion de D1.

Le travail d’Arsène Wenger a surtout été possible grâce à l’ambition du président Campora. Chaque année, les transferts étaient faits pour renforcer l’équipe. Le cap était clair : acheter peu, mais acheter bien. Rien à voir donc avec la politique d’achat tous azimuts et de vented forcées dont ont été victimes Leonardo Jardim et les successeurs Didier Deschamps.

Enfin, Arsène Wenger a amené une culture du jeu, de la performance et de gestion du corps. Ces aspects étaient totalement inconnus à l'époque, mais ils sont indispensables lorsque l’on forme de jeunes joueurs. En ce sens, Jardim est le parfait héritier du Lorrain. Comme Wenger, le Portugais a forgé la légende du club à l'aide de l'excellent centre de formation monégasque, une qualité que n'a pas manqué de souligner Youri Djorkaeff.

Si l'on pouvait résumer le passage de Wenger à Monaco en quelques mots, ce serait donc ceux-là : l'action conjuguée d'une politique managériale très pointue et d'une direction claire, dotée d'une vision à long terme. Le côté sportif ne peut pas fonctionner sans une présidence ambitieuse.